A Lille 3, être femme et entrepreneur, c’est possible !

Conférence "Entreprendre se conjugue aussi au féminin!", Lille 3

«  Entreprendre se conjugue aussi au féminin ! ». Jeudi 10 mars, se tenait à l’université Lille 3 une conférence dont l’objectif était de débattre sur une facette de la place des femmes en société : l’entrepreneuriat.

 

C’est dans une salle pratiquement pleine, avec seulement une dizaine d’hommes pour une soixantaine de femmes, que se sont succédé les intervenants ayant tous pour mot d’ordre : « Osez entreprendre! » En effet, dans un domaine où la masculinité prime, s’affirmer en tant que femmes s’avère difficile. Cela se traduit par un pourcentage significatif  : Sur 50 femmes porteuses d’idées seules 30 les concrétisent. Évidemment, ces chiffres ne révèlent pas un manque de compétence chez les femmes mais plutôt leur peur d’échouer. Donner confiance en soi aux femmes, c’est l’objectif de cette conférence se tenant au cours de la quatrième semaine de l’entrepreneuriat au féminin (et deux jours après la journée internationale des droits des femmes). « Pour accroître la confiance en soi, il faut insister sur les expériences de réussite » explique Patricia Remoussenard, enseignante chercheure en Sciences de L’Education, chargée de mission, entrepreneuriat Etudiant Directrice du Hubhouse à Lille 3.

 

 

Les entrepreneurEs, tout autant capable de réussir

 

Malgré des freins existants pour les femmes que ne connaissent pas les hommes, ces femmes, de tous âges et de tous horizons, sont la preuve que c’est possible. Pourtant ce ne sont pas les épreuves qui leur ont manquées. C’est le cas de Géraldine Delemazure, cadre bancaire dont l’avenir tout tracé manquait cruellement de peps et qui n’a pas obtenu de sa famille le soutien qu’elle espérait : « Le poids de l’environnement était très lourd, mes parents qui avaient aidé mon frère à monter son entreprise me rappelaient sans cesse mon devoir de mère avant tout. » Aujourd’hui chef d’entreprise traiteur, elle l’affirme : pour réussir son projet, il faut s’investir à temps plein. Le conjoint et les enfants font donc partie du voyage. La disponibilité est, en effet, l’une des clefs de réussite dans l’entrepreneuriat. C’est aussi le principal frein des femmes qui pour la plupart ne se voient pas mettre leur vie de famille de côté pour privilégier leur carrière. Fatiha Legzouli, co-fondatrice de « Initiatives Plurielles », l’explique : « Concilier la vie familiale et professionnelle est plus difficile pour les femmes. Il faut savoir gérer son temps pour pouvoir construire le projet. »

Autre frein, l’image masculine de l’entrepreneuriat. En effet, « entrepreneur » signifie pour la plupart aventurier, challenger, héros. Des termes très loin de ceux attribués aux femmes. Mais comment s’affirmer en tant que femme dans un domaine d’hommes ? Les intervenantes parlent d’une tendance à imiter les comportements des hommes au sein de l’entreprise. « Il faut créer à la manière d’une femme, ne pas se conformer aux normes masculines dans le travail. L’égalité est prônée par les politiques mais n’oublions pas notre différence » souligne Patricia Remoussenard.

 

L’égalité mais dans la différence

 

Cette différence, le gouvernement veut la mettre à l’honneur avec l’objectif d’atteindre  40% de femmes entrepreneures en 2017. A donc été mis en place un plan gouvernemental du développement de entrepreneuriat chez les femmes se divisant en trois axes : la sensibilisation du public, le renforcement de l’accompagnement, et une aide financière spécialisée. Les femmes possèdent en moyenne moins de 8000€ pour lancer une entreprise. Afin d’augmenter ce chiffre, le FGIF, fond de garantie qui couvre les frais bancaires, est accessible aux femmes les cinq premières années de lancement de leur entreprise. Un de leurs partenaires est l’association « Initiatives Plurielles » qui propose un accompagnement gratuit des femmes entrepreneures sur trois ans. Au sein même de la région, le PAR (Plan Action Régional), appliqué en 2014 – 2015 propose un programme de valorisation, des rencontres de femmes entrepreneures et des cercles incitatifs ‘Femmes en Or’ permettant la mise en réseau de femmes chefs d’entreprise. Il y aura d’ailleurs peut-être un nouveau PAR en 2016/2017. A l’échelle étudiante, la S2E (statut d’étudiant-entrepreneur), permet de concilier études et aboutissement d’un projet. C’est d’ailleurs ce dont Ophélie Poillon a pu bénéficier. Aujourd’hui en master 2 à l’IAE de Lille (Ecole universitaire de management), elle compte lancer prochainement son café chien « le WAF », un projet innovant qu’elle mène seule, avec l’aide de ses professeurs et des avantages de son statut d’étudiante-entrepreneure. Indépendante et ambitieuse, pour elle, les freins ne sont pas plus forts que l’envie de réussir, elle le revendique même : son premier atout, c’est d’être une femme !

 

Vous pouvez retrouver l’interview de Marie-Charlotte Cayet, ancienne étudiante de Lille 3 aujourd’hui entrepreneure.

 

Célia Ngatsongo et Mathilde Carnet

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