Comment se former au jeu vidéo à Lille ?

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Quand on veut étudier le jeu vidéo à Lille, ce n’est pas toujours facile. Il y a pléthores de formations à Lille et alentours. Parmi celles-ci, E-art Sup Lille, Pole 3D Lille, et en première place, Supinfogame Valenciennes. Petit coup d’oeil. 

Quand nous écrivons « jeux vidéo », nous pensons animation 2D / 3D, programmation et game design. Il existe quelques formations en métropole lilloise. Nous avons sélectionné les trois meilleures écoles ici à Lille (selon le classement le figaro étudiant) pour obtenir le diplôme qu’il vous faut. Cette sélection ne comportera malheureusement pas de formations abordables, financièrement parlant. Le problème réside dans le fait que le jeu vidéo à l’université, ce n’est pas la joie. Certains masters proposeront une formation liée de plus ou moins loin à l’univers du jeu vidéo, rien de très spécialisé.

Rubika, ex Supinfogame :

Rubika, située à Valenciennes, est le leader français pour les études dans le jeu vidéo, et le leader mondial pour l’animation. Et heureusement. Le prix n’est pas à négliger, puisque l’on parle de 8600€ à l’année, soit la plus chère des trois. Le premier cycle dure trois ans, et vous permettra d’acquérir les fondamentaux, les techniques créatives et la maîtrise de tous les outils qui vous permettront de réaliser tous vos projets. Au long de ces trois années, les cours fondamentaux cèderont leur place à plus de spécialisation. Pour vous, ce sera la spécialisation dite « game », à savoir, game design, game art, et programmation !

Petit interlude pour les novices :

  • Le game design est l’ensemble, le processus de création, conception, qui amène à un jeu vidéo fini. Création des décors, des personnages, de leurs animations. 
  • Le game art dans l’usage « étudiant » désigne la création d’oeuvres en rapport au jeu vidéo, non utilisables dans celui-ci (posters, designs, artworks…). 
  • La programmation est le développement des évènements et actions dans un jeu vidéo, le fait qu’une personne puisse se mouvoir, interagir avec les éléments du décor. 

Cursus bachelor Rubika

Le plus génial dans tout ça, c’est qu’il y a vraiment de la pratique. Au programme : la réalisation de plusieurs jeux et projets, parfois dans le cadre de concours.

A l’issue de ces trois ans, un stage, 3 mois. Ici pas vraiment de soucis à se faire, d’après nos recherches, les entreprises aiment plutôt bien les étudiants de Rubika. Parmi celles-ci, Ubisoft, Ankama, Cyanide Studios, et bien d’autres.

Et ça continue, 4ème et 5ème année bien plus spécialisées, et elles aussi avec des stages, deux pour être précis, jusqu’à six mois chacun. En bref, de quoi devenir un pro avant l’heure, et d’intégrer des équipes de développement ou autres, dans les meilleures conditions.

Cycle master Rubika

 

Certaines questions sont légitimes, en tant qu’étudiant, est-ce qu’on peut vraiment produire des jeux de qualité ? Eh bien oui, l’univers du jeu vidéo indépendant explose en ce moment, les studios étudiants ne sont pas rares et se retrouvent parfois dans des concours qui ne leur sont pas réservés. On peut parler de Anarcute développé par l’Anarteam, venue tout droit de Rubika, justement. Timidement présent à l’IGP Lille et pourtant bien reçu par les visiteurs, le jeu a récemment gagné le prix du meilleur jeu étudiant aux Etats-Unis.

 

Pour l’aspect pratique de la chose, il ne faut pas oublier, encore une fois, que l’école est à Valenciennes, et on ne vous cache pas les avis mitigés des anciens.

« Il faut noter que l’école est sur Valenciennes… c’est beaucoup moins grand, donc moins vivant, et depuis que l’école à déménagé il me semble qu’ils ont quelques soucis car le voisinage n’est pas super sympa. En gros, il ne faut pas sortir seul(e), et il n’y a pas forcément grand chose à faire. MAIS, c’est tes camarades de promo qui s’assurent que tu passes de bons moments, et ça quelle que soit l’école je pense ». Fiona Bosquet, ancienne étudiante Rubika.

 

Fiona est une ancienne de l’école. Tout au long de sa formation elle a travaillé avec des camarades, sur Twin Fates, leur projet de fin d’études. C’est ce genre de créations que les futurs étudiants de Rubika seront capables de faire à la fin de leur cursus. Qui osera dire que ça ne vaut pas les productions professionnelles ? Close Call, est un autre projet de fin d’études, on vous invite à aller voir.

 

« Les promos sont très soudées, ça devient des contacts pour la vie. Surtout la 5ème et dernière année sont très importantes : les étudiants sont en équipe de 6 ou 7 et passent l’année à créer un prototype de jeu (pour moi, Twin Fates, donc). C’est ton ticket de sortie de l’école, LE gros projet qui remplit ton portfolio et t’aide à te vendre une fois sorti de l’école. C’est une très bonne expérience qui permet d’apprendre à travailler sur le long terme (9 mois), en équipe, à gérer, manager, découvrir les contraintes de la création d’un jeu de A à Z. Je ne sais pas si les autres écoles font ça ? En tout cas c’est très formateur ».

E-art sup Lille

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a deux formations possibles pour le jeu vidéo dans cette école ! Un cursus dit classique, de 5 ans, et un bachelor pro, de 3 ans, formation plus professionnalisante et surtout plus centrée sur le jeu vidéo.

Pour le cursus classique, voilà comment ça se présente :

trois premières années e-art sup Lille

Pour faire simple, trois premières années pour découvrir les outils et la création numérique (avec du game design). Fin de troisième année, un semestre à l’international. Tout ça avec des stages, un facultatif à l’issue de la première année, et un obligatoire de 2 à 3 mois à l’issue de la deuxième.

Pour les stages, pas d’inquiétude, les étudiants sont accompagnés dans leurs recherches, et les entreprises sont tout à fait prêtes et habituées à recevoir des élèves.

La suite du programme, c’est ça :

Cycle master e-art sup Lille

Très spécialisé design, toujours avec du game design. Les étudiants effectuent un long stage au début de la quatrième année et un grand projet de fin d’études pour finir votre 5ème année, peut-être un de ces jeux étudiants qui finira primé et récompensé dans maintes et maintes compétitions.

Voici un des projets étudiants de fin d’études à E-art sup : The Journey of Me. The Journey of Me imagine que le personnage contrôlé n’est pas du tout du tout d’accord avec son joueur. Original, et vraiment bien reçu par la critique. Et c’est du travail d’étudiant.

 

Au niveau du bachelor, c’est différent.

 

bachelor e-art sup Lille

 

L’étudiant en sortant du bachelor devient un spécialiste du gameplay et du creative coding, en d’autres termes, de la création d’un jeu vidéo, plus ou moins de A à Z. Tout cela permettrait une rapide insertion dans le monde professionnel du jeu vidéo sous toutes ses formes.

Plus professionnalisant, donc, plus de stage, voire alternance à la fin de la troisième année. Le tarif d’E-art Sup à Lille est de 7600€ à l’année.

Pole 3D Lille

Pole 3D Lille évolue elle aussi dans le classement des bonnes écoles du jeu vidéo. Cette fois encore, le prix n’est pas à négliger, 7 500€ pour l’année. Rien de révolutionnaire au niveau de la construction de la formation. Celle ci se fait en cinq ans.  Le tout commence avec 2 ans de tronc commun après lesquels se fera un choix, animation 2D, 3D, ou jeux vidéo. On va se concentrer sur le cursus jeux vidéo, avec de la conception, de la programmation, et de la production. Après la troisième année, vous obtenez un titre de concepteur réalisateur 3D, avec l’option choisie (jeux vidéo, pour nous).

cycle bachelor pole IIId Lille

 Ensuite, les choses se précisent. Le cycle master, lui, vous octroiera le « Titre de Management Réalisateur », toujours accompagné de l’option choisie. 2 ans de perfectionnement, avec des développements de projets 2D, ou 3D. La 5ème année est entièrement consacrée à la création de jeux vidéo, l’année d’études dont vous rêviez arrive donc enfin.

Petite piqûre de rappel : c’est une école reconnue par les entreprises. Un gros plus quand il s’agit de recherche de stages, et de contrats en sortant de l’école. On peut parler d’Ankama, le géant Ro
ubaisien, et Ubisoft, pour ne citer qu’eux. Au final, on se rend compte que ces deux studios, roubaisien pour l’un d’eux, auront une place importante dans votre recherche de stage en tant qu’étudiant lillois.

Rajoutons que l’école répond présente aux grands rendez-vous du jeu vidéo, comme la Game Sun & Jam, ou même la géante Paris Games Week.

Pas d’amalgame, les filles aussi étudient le jeu vidéo

En tant que fille, vous ne serez pas perdu. Les esprits sont plus ouverts dans la culture populaire ces dernières années. Les clichés ont pourtant la vie dure et on se demande si c’est l’esprit des hommes qui s’est élargi, ou le dos des femmes. Fiona Bosquet partage son ressenti à ce sujet.

« Je n’ai pas (encore) rencontré de problèmes à proprement parler, mais c’est vrai que ça reste particulier. A l’école c’était assez mixte : à peu près autant de filles que de garçons (même si la majorité des filles est en filière Game Art, et la majorité des mecs en Game Design). Par contre, pendant mon stage de fin d’études, j’étais la seule fille, dans un groupe de dix personnes. Je n’ai pas senti que ça posait de problèmes au niveau professionnel, par contre au niveau perso ça peut compliquer l’intégration (difficile de participer à certaines conversations, par exemple, mais c’est pareil dans toutes les professions j’imagine).
En dehors du travail, c’est vrai que les gens posent beaucoup de questions quand je dis ce que je fais. Ça reste vu comme « un truc de garçon », de jouer, donc les gens sont curieux de savoir ce que je fais ».

 

Et l’esport dans tout ça ?

Le jeu vidéo ne se résume pas uniquement dans sa conception. Il existe une branche du jeu vidéo basé sur la compétition du jeu en lui-même : l’esport. Quelques pays étrangers comme les Etats-Unis, la Corée ou certains pays scandinaves proposent des ateliers ou des cursus pour s’entraîner sur un jeu à proprement parler. Jusqu’à présent, de telles formations n’existaient pas en France. Mais récemment, une école dédiée au sport électronique a ouvert près de Nantes, à Bouguenais : l’esport academy. Une formation intensive en 1 an sur tout le secteur e-sportif en général : management, écriture journalistique, shoutcasting (commentaires de parties) ou encore montage vidéo. Au programme, des cours théoriques abordant analyse de partie, psychologie et cohésion de groupe. Et évidemment des cours pratiques où les étudiants jouent, discutent stratégie et mécaniques individuelles sur le jeu de leur choix, aidés par d’excellents joueurs français. De quoi ravir les passionnés d’esport. L’école n’a pas encore fait ses preuves, ne nous enflammons pas, on verra ce que l’avenir lui réserve.

 

Simon Lesage, Théo Grébin

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