DOSSIER SPÉCIAL GRÈVES A LILLE / Occuper un amphi: pourquoi, comment ? 4

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« Pour changer un peu de la distribution de tracts et puis pour que la mobilisation prenne un visage plus festif, joyeux », c’est ainsi que les étudiants lillois opposés à la loi travail justifient leur décision d’occuper un amphithéâtre. Etudiants syndiqués (SUD Etudiant-e-s Lille, UNEF…) mais aussi non-syndiqués s’organisent ensemble. A Lille 1, depuis mercredi dernier, c’est l’amphithéâtre Archimède qui est occupé. A Lille 3, depuis mardi 31 mars, l’amphithéâtre B1 est également réquisitionné par ces étudiants mobilisés. Comment s’organisent les journées, comment rendre alors ces occupations productives ? 

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Idées d’ateliers dans l’amphi occupé B1 à Lille 3

Même s’il n’existe pas de « journée type » à proprement parler puisque les étudiants se relaient assez régulièrement et ce ne sont donc pas toujours les mêmes qui organisent la mobilisation, certaines activités sont récurrentes et permettent de rendre ces occupations plus attractives, et plus productives.

  • Les ateliers durant la journée

Vendredi 1 avril, s’est tenu par exemple dans l’amphithéâtre B1 de Lille 3 un atelier de discussion autour des genres et de la transophobie. Des ateliers philo sont également proposés. Des discussions sont régulièrement organisées, autour de thèmes variés comme le sexisme ou aussi la loi travail. Le but est cependant de varier les pistes de réflexion, en orientant les débats sur des thèmes essentiellement sociaux. Parmi les différents ateliers organisés, nous pouvons aussi noter la chorale pour s’entraîner au chant militant mise en place par une étudiante syndiquée à SUD Lille. Le but étant toujours de mobiliser différemment, de manière plus festive.

  • Consulter ce qui se passe ailleurs

Une grande partie de la journée d’occupation d’un amphi est consacrée à la veille sur les réseaux sociaux et les sites Internet pour savoir comment les étudiants sont mobilisés dans d’autres villes et quelles en sont les retombées médiatiques, mais également pour se renseigner sur les violences policières perpétrées. Selon un étudiant syndiqué à SUD Lille, les occupants de l’amphithéâtre consultent beaucoup le site Taranisnews pour s’informer sur les différentes manifestations dans les grandes villes de France. Les étudiants de Lille 3 gardent aussi contact avec ceux de Lille 1 pur savoir comment se déroulent les mobilisations, comment est organisée l’occupation des amphis, etc. Le but est de rester solidaires et unis dans leur lutte pour le retrait de la loi.

  • Informer sur les risques liés aux manifestations

Des ateliers sont également organisés pour informer et alerter les étudiants mobilisés sur les risques encourus lorsqu’une manifestation dégénère. Ils sont sensibilisés aux premiers soins et premiers secours, en cas d’irritations dues au gaz lacrymogène par exemple ou de charge des CRS. Les risques liés aux casseurs externes sont aussi abordés, pour éviter des blessures inutiles.

  • Concerts et festivités durant la soirée

La soirée dans un amphi occupé est, selon les étudiants que nous avons pu recontrer, assez festive. Les musiciens apportent leurs instruments et l’ambiance est détendue et positive. Le but étant là encore de mobiliser différemment et de montrer un autre visage de la révolte, plus attractif. La musique, très fédératrice, rassemble tous les étudiants autour de leur cause de mobilisation et permet aussi de sensibiliser d’autres personnes, par la fête et le partage. Nourriture, couchages, mobilisation : tout est organisé en communauté.

 

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Une mobilisation dans la joie et la bonne humeur, amphi B1 à Lille 3

 

Selon les syndicats étudiants, le premier risque d’une action telle que l’occupation d’un amphi est cependant de montrer un signe d’enfermement. Ces occupations revêtent néanmoins un caractère plutôt joyeux, festif et solidaire comme nous l’avons décrit plus haut. Elles ont commencé mercredi dernier à Lille 1 et ne s’achèveront pas complètement pendant les vacances. L’amphithéâtre de Lille 3 sera libéré mais pas celui de Lille 1, où tous les étudiants lillois mobilisés vont se rassembler. Et dès la rentrée, l’amphi B1 sera de nouveau investi jusqu’au retrait de la loi. Une mobilisation à suivre, donc.


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4 commentaires sur “DOSSIER SPÉCIAL GRÈVES A LILLE / Occuper un amphi: pourquoi, comment ?

  • Héloïse

    Bonjour, la majorité des personnes qui occupent les amphis à Lille 1 et Lille 3 ne sont pas syndiquées. Certaines (comme c’est mon cas) font en effet partie de SUD étudiant-e-s, mais c’est extrêmement réducteur de dire juste « sud », d’autant plus que la plupart des étudiant-e-s que vous avez rencontré n’en font pas partie. Bref, merci de rectifier, et de vous informer un peu plus à l’avenir.

    • marie.hirtzberger Auteur du billet

      Bonjour Héloïse,
      Merci de l’attention portée à cet article. Le but de celui-ci n’était pas de donner l’impression que les étudiants mobilisés occupant l’amphithéâtre B1 à Lille 3 sont uniquement syndiqués à SUD Etudiant-e-s Lille, mais plutôt de cibler davantage les personnes rencontrées et les témoignages principaux sur lesquels nous nous sommes appuyés pour rédiger cet article afin d’éviter de généraliser. L’article a été mis à jour en précisant qu’étudiants syndiqués et non-syndiqués s’organisent ensemble pour l’occupation et que cette dernière n’est pas le fait d’un syndicat mais d’une mobilisation générale d’étudiants. Merci pour cette précision et cet éclairage.
      Marie HIRTZBERGER