Interview de Marie-Charlotte Cayet, femme entrepreneure

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Marie Charlotte Cayet, 26 ans, est la fondatrice de la librairie salon de thé Andy & Marcel. Passionnée d’art, cette ancienne étudiante de Lille 3 s’est vite rendue compte qu’elle désirait lancer sa propre entreprise. Dans le cadre de la conférence « Entreprendre se conjugue aussi au féminin! » nous avons pu l’interviewer.

 

Campus Lille : Revenons d’abord sur votre parcours..

Marie Charlotte : J’ai fait mes études à l’université Lille 3: une licence d’histoire de l’art suivie d’un master gestion des sites du patrimoine. Ça m’a beaucoup plu car l’art est ma passion. Malheureusement, au sortir de la fac, je me suis rendue compte qu’il y avait peu voir pas de débouchés dans ma branche. Depuis toujours je savais que je voulais être à mon compte. Je ne voulais pas avoir un patron au-dessus de moi.  Je voulais vivre de ma passion, l’intégrer dans un projet et c’est cela qui m’a permis d’oser créer ma propre entreprise.

Campus Lille : Comment avez-vous eu l’idée de la librairie ?

Marie Charlotte:  Je voulais réunir tout ce que j’aime en un lieu: il y a le côté littérature graphique, le côté convivial avec le thé, le côté expo et le côté retro gaming. C’est ainsi que j’ai fondé Andy & Marcel, ouvert depuis 6 mois maintenant.

 

Campus Lille : Est-ce facile de se lancer dans l’entrepreneuriat en étant une jeune femme ?

Marie Charlotte : Les gens disent qu’il faut beaucoup de courage pour monter son entreprise mais je pense surtout qu’il faut être insouciant et ne pas penser que l’on peut échouer. Il faut simplement se dire « On y va ! ». Mes parents au départ ne m’ont pas vraiment prise au sérieux, je suis jeune, ils pensaient que c’était une lubie. Puis peu à peu ils se sont dit que ça commençait à devenir sérieux, ils me laissaient vraiment gérer. Je pense que c’est leur manière d’être, ils ne veulent pas trop s’immiscer. Maintenant ils sont très contents. Mais c’est vrai que j’ai dû faire face à pas mal de difficultés. Mon statut de femme ne m’a pas handicapé pour autant. Le projet Andy & Marcel est hybride et c’est par rapport à cela que les banques ont eu du mal à me faire confiance. Le premier rendez-vous s’est mal passé car c’est un projet assez innovant et les banquiers avaient peur de cela.  J’ai donc décidé de changer de banque.

 

Campus Lille: Quels fonds avez vous pu obtenir ?

Dès que j’ai eu l’idée de mon entreprise, fin 2014, je me suis dirigée vers la BGE. C’est une association basée sur toute la France, qui veut dire «  Bien gérer son entreprise. ». C’est elle qui m’a aidée à collecter les fonds. J’ai eu accès également au FGIF, une garantie bancaire pour les femmes. J’ai eu deux prêts d’honneur et un prêt bancaire qui m’ont permis de monter mon projet.

 

Campus Lille : Pensez-vous que votre métier peut freiner votre vie familiale ?

Marie Charlotte: Mon premier soutien a toujours été mon copain. En ce moment on parle beaucoup car on se dit qu’un jour on aura des enfants, qu’on aimerait fonder une famille et de mon côté c’est difficile de me projeter avec un enfant en exerçant ce métier. Donc forcément, mon copain devine que ce sera lui qui devra gérer les enfants plus que moi, mais ça ne lui pose aucun problème. Etant salarié, il pourrait faire comme d’autres papas de son entreprise; prendre des journées, finir plus tôt pour s’occuper des enfants. Je pense que c’est aussi parce qu’il n’est pas lui-même chef d’entreprise, ce serait plus compliqué si c’était le cas. Le principal problème aujourd’hui c’est que je suis très prise et qu’il me dit: « Je ne te vois plus ».

 

Campus Lille : Où en êtes vous aujourd’hui ?

Marie Charlotte : Andy & Marcel est lancé depuis septembre. J’ai le rendez vous des six mois prévu avec mon expert comptable. Je suis toujours seule à gérer la librairie, j’ai seulement quelques stagiaires qui m’aident. Pour l’instant, je ne peux toujours pas embaucher, je n’ai moi-même pas encore de salaire. Au départ, on dit toujours aux chefs d’entreprise « mieux vaut tabler sur le fait que vous n’aurez pas de salaire ». Mon but n’est pas de rester chez Andy & Marcel, j’ai déjà d’autres idées de projets. C’est horrible car on n’arrête pas; une fois qu’on s’est lancé, on en veut toujours plus et du coup j’ai envie de faire plein de choses. Déjà il faudrait que je trouve quelqu’un pour s’occuper Andy & Marcel ensuite je compte lancer une association: ce sera un magazine culturel en ligne collaboratif avec plusieurs rédacteurs, le but est de parler des expos, des pièces de théâtre et donner un avis critique. L’association est en cours de création, ça s’appellera « Musite ». J’avoue que c’est dur de concilier tout ça d’autant plus que je donne des cours d’histoire de l’art à côté.

 

Campus Lille : Y’a t-il quelque chose qui vous fait peur ?

Marie Charlotte: J’ai peur de me lasser: j’ai rencontré des filles qui ont lancé leur entreprise il y a plusieurs années et qui s’encroûtaient un peu au final. Je ne voudrais pas m’installer dans une petite vie pépère. J’ai peur de la routine. Je pense que j’ai besoin de toujours faire quelque chose, tout le temps, de bouger.

 

Pour plus de renseignements sur Andy & Marcel, vous pouvez retrouver son site web.

 

 

Mathilde Carnet et Célia Ngatsongo

 

 

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