L’alternance, une formation encore méconnue

IMG_2282 (1)

Loin de la traditionnelle filière universitaire classique, l’alternance propose comme son nom l’indique une formation différente : allier apprentissage théorique et pratique. Continuer ses études tout en engrangeant de l’expérience professionnelle semble être la formule parfaite mais cela requiert de s’adapter à un rythme quotidien singulier.

Autonomie financière

L’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de Lille, situé dans le Vieux-Lille et rattaché à l’Université Lille 1, propose plusieurs cursus en alternance autour du management et de la gestion. Un projet personnel qui convient bien à Charlotte, étudiante en 3e année : « on peut faire des études qui nous plaisent tout en se formant dans les entreprises qui nous apprennent la réalité du monde du travail ». Et de rajouter : « II y a aussi l’aspect financier qui est intéressant pour nous, alternants. D’abord, c’est l’entreprise qui paie pour nos études. Ensuite, on est rémunéré comme un vrai salarié peut l’être, on dispose d’une réelle autonomie financière ».

Selon les établissements et les formations, le planning peut-être organisé sur une semaine (avec un rythme de 2, 3 jours en école et le reste de la semaine en entreprise) ou sur un mois (par rythme de semaines complètes). Charlotte voit sa semaine découpée en deux et livre une analyse mitigée : « les journées de cours sont denses car nous n’y sommes que deux ou trois jours par semaine. Quant à la fin de semaine – en entreprise – c’est difficile, car il faut tout de suite reprendre le rythme et rattraper tout ce qui s’est passé en début de semaine ». L’apprentissage de la « vie réelle » passe donc par une grande rigueur.

Hugo est également en 3e (et dernière) année de licence, il a déjà effectué deux années d’apprentissage auparavant, ayant fait toute sa formation de cette façon. Tout comme Charlotte, il suit un cursus de Management et de Gestion des entreprises, comme la majorité des alternants de France, en témoigne le chiffre clé de 56% de contrats d’apprentissage signés dans le secteur tertiaire.

La formule de l’alternance apparaît comme optimale pour les deux parties, l’entreprise et l’étudiant. Un système « gagnant-gagnant » qui permet à l’entreprise de former un apprenti à moindre coût dans l’optique de le conserver au sein de la firme à la fin de ses études. La rémunération d’un alternant va de pair avec son année d’étude ainsi que son âge. En 3e année de licence par exemple, un étudiant qui a entre 18 et 20 ans touchera 65% du smic, ce chiffre passe à 78% du smic passé 21 ans.

Toutefois, dans les faits, le choix d’une formation en alternance ne fait pas l’unanimité. En janvier 2013 on comptait près de 273 000 contrats d’apprentissage signés – tous niveaux confondus, du CAP au Bac+2 et supérieur – dans le secteur privé, contre 9400 dans le secteur public. Un chiffre en baisse comparativement aux années précédentes – 8% de baisse pour le privé, 3% pour le public.

IMG_2283 (1)

Des étudiants profitent du beau temps dans la cour intérieure de l’IAE.

« Un manque de visibilité de la formation »

Comment expliquer ces chiffres ? Il faut dans un premier temps prendre en compte le fait que le marché du travail est le même pour un alternant en recherche d’une entreprise qu’une personne à la recherche d’un emploi. Les opportunités ne sont pas infinies. D’autre part, tous les étudiants n’ont pas les mêmes facilités à trouver une entreprise. Les établissements scolaires proposent un accompagnement dans celui-ci mais l’implication est extrêmement hétérogène entre tous les établissements.

La perspective d’une insertion professionnelle plus facile à la fin du cursus scolaire ainsi que l’implantation d’une ligne supplémentaire sur son CV sont des attraits non-négligeables à la très attractive formation en alternance. Pourtant, celle-ci ne suscite pas l’engouement attendu en raison de barrières encore durablement visibles. Souvent, les étudiants décident de choisir l’alternance qu’à partir du master, « ils ne sont pas prêts à travailler avant, pas prêt à s’engager dans la vie active. C’est un choix difficile ».

Enfin, le problème principal est, pour Charlotte « le manque de visibilité des formations » : « en réalité, peu de personnes savent qu’il y a des formations en alternance qui existent pour beaucoup de domaines et ne savent donc pas à quel point c’est un excellent choix d’orientation ». Un manque de visibilité que le ministère de l’Éducation essaie de résoudre en lançant plusieurs campagnes pour promouvoir ce mode d’enseignement. Nul doute que l’objectif est encore très loin d’être atteint pour une formation qui présente pourtant énormément d’avantages à l’étudiant apprenti.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *