Leur thèse en 180 secondes

Les 10 pré-sélectionnés régionaux du concours Ma Thèse En 180 secondes

Jeudi dernier avaient lieu les pré-sélections régionales du concours Ma Thèse En 180 secondes à Villeneuve d’Ascq. Les finales régionales auront lieu le 27 avril à Lille avec, en ligne de mire, la finale internationale à Rabbat (Maroc) en septembre prochain.

Détendus pour la plupart, 26 doctorants attendent la délibération du jury dans l’amphi Migeon de l’école Polytech’ à Lille 1. Formateurs, directeurs de thèses et de laboratoires sont presque plus impatients : « on est tranquille  » confie Gauthier Lefevre, doctorant en chimie à Artois. Ça y est, le jury de délibère: ils sont 11 admis aux finales régionales qui auront lieu à Lille le 27 avril prochain. Dans ce groupe de présélectionnés, « toutes les écoles doctorales sont représentées » se félicite la jurée Catherine Maignant. S’il y avait besoin de faire redescendre la pression, elle rappelle aux non-lauréats qui l’aurait subie qu’ « il vaut mieux que ça arrive maintenant que durant la soutenance« .

Une seule contrainte : 180 secondes. L’organisation régionale de ce concours international est assurée par Communauté d’Universités et d’Établissements Lille Nord de France. « C’est un défi personnel, et l’occasion d’améliorer mes performances à l’oral » admet Cécile. Les enjeux sont par même car « cela nous permet de valider des crédits de formation » et « c’est un moyen de publicité pour certains » rappelle Gauthier Lefevre, doctorant en chimie à Artois. « Mon entreprise m’a encouragée à le passer » explique quant à elle Aurélie, doctorante en droit à Lille 2. L’expérience est aussi « un plus sur les dossiers de candidatures pour devenir enseignant-chercheur » ajoute Alix Goguey. Tous soulignent que ce concours n’est « ni vraiment un exercice pour la soutenance« , « ni une charge de travail supplémentaire« .

Alix, lui, est doctorant en interaction homme-machine à l’INRIA* de Lille. Il vous explique chrono en main comment il compte faire de nous des virtuoses du tactile… en jouant 1023 accords avec nos doigts :

Alix Goguey. Crédit Photo: Thomas PerroteauAlix Goguey. Crédit Photo: Thomas Perroteau
Crédit photo: Thomas PerroteauPhilippe Eric.Crédit photo: Thomas Perroteau

Délibérer en 1 800 secondes :

« Il nous fallu près de 30 minutes » confie Philippe Eric, un des six membres du jury. Presque aussi difficile est le défi pour le jury : « il y a les évidences et puis les candidats intermédiaires qui exigent réflexion » souligne ce chargéde communication à la ComUE**. « Nous veillons à diversifier les profils du jury« , dans lequel on retrouve aussi des référents en insertion professionnelle et des directeurs de laboratoires. Le règlement est simple:  » un juré, une voix » et, de même, « il n’y pas de classement de sélection« . Surtout :

« C’est un travail d’explication et non de justification« 

« C’est vraiment un exercice scénique« , dans lequel on retrouve « des métaphores, des personnages, des images » . Premier critère:  « la compréhension du sujet« . Deuxième : « l‘originalité de la prestation« . Troisième: « l’aisance et la posture« .

Former en 52 jours:

Géraldine Jacobesson. Crédit photo: Alice JacobGéraldine Besson est l’un des deux formateurs qui accompagnent les candidats. Elle, « ça fait trois ans« . En février et mars, plusieurs sessions ont été programmées afin de préparer les doctorants à cet exercice « inhabituel et déroutant » . Issue du théâtre, elle a pris un « plaisir immense » à suivre ces candidats:

 « Comparer l’état initial et leur performance finale, c’est impressionnant. »

C’est « une véritable métamorphose pour les candidats : les doctorants arrivent souvent peu confiants en début de formation, et déstabilisés. Puis ils se prennent au jeu, et mettent leur propos en valeur, prennent confiance en eux« . Géraldine a hâte de revoir les 10 candidats présélectionnés, pour les aider à rendre leur prestation encore plus percutante.

Tweeter sa thèse en 180 signes :

Une thèse représente plusieurs centaines de pages, et autant de journées de travail. Les voici mis au défi de la réduire à une centaine de caractères:

Alizée Petitmangin, doctorante en Droit de la Santé au Travail à l’Université de Lille 2, et  :

  Tels Roméo et Juliette : employeur et médecine du travail ont des rapports relationnels et contractuels compliqués. Mais grâce à une liste novatrice le juriste devient secouriste !

Cindy Aubernon, doctorante en Entomologie à l’Unité de Taphonomie Médico-Légale à l’Université de Lille 2

 Chaud l’asticot ! La thermorégulation chez les larves nécrophages : ou comment les groupes d’asticots mangeurs de cadavres régulent leur température. Application à la datation du décès pour les experts.

Matthieu Ghilain, doctorant en Psychologie à l’Université de Lille 3:

J’étudie les effets bénéfiques de la musique sur l’humeur, la mémoire et les comportements des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer pour améliorer leurs prises en charge.

Exerce ton mémoire :

Voici l’équivalent pour les étudiants en master: les rencontres mensuelles Exerce ton mémoire organisées à et par la Bibliothèque de philosophie de Lille 3. A l’initiative de son documentaliste il y a deux an, cet atelier permet à tout étudiant en master (ou doctorat) de venir y exposer leur mémoire de recherche. Les séances sont ouvertes à tous .

*Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique
** Communauté d’Universités et d’Établissements du Nord de la France, organisatrice régionale du concours Ma Thèse En 180 secondes.

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