Welsh: Bien ou bien?

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Véritable trésor de la gastronomie ch’ti, le welsh déchaîne les passions aussi bien dans la Métropole que dans le reste de l’Hexagone. De son origine mystérieuse à l’exactitude de sa recette, le débat fait rage jusque dans les méandres d’internet. Rencontre avec ce plat atypique à la prononciation si particulière à faire pâlir n’importe quel anglophone.


Et Dieu créa le welsh…

Le welsh, welsh rabbit ou welsh rarebit est un plat d’origine galloise fait à base de cheddar fondu dans de la bière ambrée ou brune. Son origine ? Au XVIIème siècle, les Anglais pensaient les Gallois incapables de chasser le lapin, « rabbit » en anglais et se contentaient de manger du fromage fondu dans de la bière. Dès le XVIIIème , ces mêmes Gallois emploient le mot « welsh » pour désigner un plat dérivé de sa recette originale.

Une mode récente mais puissante 

Très à la mode depuis une dizaine d’année, le welsh trouve son public dans toutes les strates de la société lilloise. Du bobo résidant au cœur du Vieux Lille, au hipster de Wazemmes. Plat populaire par excellence, ce mets ravira vos papilles jusqu’à l’émerveillement. Si l’on sait bien sûr où aller. Au vu des nombreux restaurants servant le fameux sésame, l’avis de spécialistes n’est pas de refus. Heureusement pour vous , un jeune déjanté du cheddar fondu a eu la bonne idée de créer un site assez particulier.

« L’amicale des Welsh » entreprend la rude mission de répertorier les différents établissements à Welsh de toute la France afin d’en faire un classement. Chaque welsh possède une note attribuée par les consommateurs, photographie et avis culinaire viennent compléter le tout. De Tahiti à Shanghai, la communauté welshique s’exporte et importe ses traditions aux quatre coins du globe.

 


Rencontre avec Grégoire Dubois. 20ans, nordiste invétéré, étudiant, et grand créateur au côté de Louis Pillot de « L’amicale des Welsh ».

 

Bonjour Grégoire. Tout d’abord pourrais-tu nous parler de ta « première fois » ?
Mon premier welsh, je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais de la famille au Touquet. Ma mère m’a emmené rue Saint Jean et m’a conseillé de goûter ce plat typiquement nordiste. Je devais avoir 12-13ans. Ça a été une très bonne expérience. La Brasserie des Sports il me semble. Depuis, je ne prends quasiment que ça.

Comment t’es venu l’idée de créer un tel site ?
C’était en novembre dernier. J’étais inscrit sur un groupe Facebook appelé « L’amicale des welsh » également. De mémoire, il ne devait y avoir pas plus de 1000 membres. En voyant l’engouement porté à ce plat je me suis dit qu’il serait génial d’avoir un site qui répertorie les meilleures adresses. Pour permettre aux non-initiés de ne pas être déçu et aux consommateurs de partager leur avis sur les différents welshs.

A quels problèmes t’estu confronté après la création du site ?
Quand j’ai annoncé le lancement du site sur le groupe Facebook, le retour a été très positif ! 250 « j’aime », j’ai même reçu des « Grégoire président ! » (rires). Je me suis donc lancé dans la composition d’un répertoire des meilleurs restaurants à l’aide des critiques publiées sur le groupe. J’ai reçu de l’aide mais cela me prenait pas mal de temps. Je remercie Louis Pillot pour m’avoir soutenu. Le vrai problème c’est que m’occuper du site me donnait systématiquement envie de m’enfiler un bon welsh. (rires). Mais le plus dur, cela reste quand même de devoir perpétuellement améliorer le répertoire avec les nouveaux établissements qui se lancent dans la course aux welshs.

Penses-tu que ton travail ait un impact sur le marché ?
Regarde, le groupe Facebook arrive aujourd’hui à 5000 membres, c’est une véritable communauté. Les gens publient de longues critiques, s’entraident, se conseillent. Parfois, j’ai l’impression que ça devient un peu trop sérieux. On a de vrais orthodoxes du welsh. Je me souviens même d’un article où le mec reprenait la célèbre phrase d’Emile Zola « J’accuse » pour te faire la critique d’un welsh ! Le site cumule aujourd’hui 60 000 visites ! J’ai même des personnes qui se connectent du Nicaragua ou du Népal. Aujourd’hui, le welsh devient un élément marketing, les restaurateurs profitent de cette mode pour faire du bénéfice. Je suis même prêt à parier que d’ici une dizaine d’année, le welsh déferlera sur Paris. Sinon j’ai pensé à truc assez drôle que j’ai oublié de mentionner. Il y a un ou deux ans la plupart des gens trouvaient ça bizarre de manger des welsh l’été étant donné que c’est un plat d’hiver. Aujourd’hui les gens ont tellement faim en regardant les photos du site qu’ils sont prêt à en manger tout au long de l’année.

Tu parles d’ orthodoxie » du welsh… Qu’est ce que tu penses des variantes  ?
Pour moi ce ne sont pas des welshs. On a aujourd’hui des burgers-welsh, welsh aux maroilles, welsh au saumon, croque-welsh. Ils ne devraient pas porter ce nom. Comme le welsh végétarien, je ne suis pas contre mais pour moi, un welsh sans jambon, ni œuf, on ne peut pas lui donner la même appellation que le vrai plat.

Et sinon niveau « recette », c’est quoi pour toi le welsh parfait ?
« Alors déjà, il te faut une bonne tranche de pain de campagne grillée, trempée dans la bière et parsemée de moutarde à l’ancienne. Par dessus, une tranche de jambon de bonne qualité. Le tout recouvert de cheddar bien onctueux. J’aime quand il y a du fromage en-dessous du pain, entre le pain et le jambon, et au-dessus du jambon. En haut de l’édifice, un œuf au plat perçable pour voir le jaune se reprendre sur le fromage. En accompagnement, des frites maisons que tu trempes dans le jaune d’œuf. Pour se donner bonne conscience, quelques feuilles de salade avec tomates. Pour ce qui est de la boisson, une bonne vingt-cinq de Filou. Pas plus. J’ai failli oublier le détail qui tue. Une mayo’ maison est primordiale ».
nldr : Un abus de Filou est dangereux pour la santé. 

Vous l’aurez compris, le welsh est tout sauf à prendre à la légère. En passant de simple plat à fleuron de la gastronomie nordiste, le welsh est prisé de tous. Précisé déjà par Grégoire Dubois, il devient un objet marketing. On peut notamment noter l’ouverture du « Well Welsh » dernièrement. Le concept ? Développer le welsh et son fameux cheddar sous toutes les formes possibles et imaginables. Les spécialistes culinaires entrevoient là l’ouverture d’une brèche commerciale pouvant porter le welsh vers l’infini et au-delà. Histoire à suivre.


Supplément de la maison.
En exclusivité pour vous, ESJ Campus a une petite surprise. D’une incroyable rareté, l’équipe de rédaction a retrouvé un petit mais au comment magnifique poème. Objet de l’oeuvre, le welsh. 

Welsh mon amour.

Welsh, oiseau à l’orange robe
Parsemé de ton voile fondu qui t’enrobe
Protégeant ta chair rosée et fumée
A l’excès je t’invite de nouveau à danser.

Jamais seul non, toi et ton armée croquante,
accompagnent nos soirées de la plus belle des façons.
De bouchée en bouchée, vient l’excitation
La dernière est proche, réalité des plus violentes

Une gorgée de Chimay et notre chorégraphie peut reprendre
Je te dévore du regard, à te voir mes sentiments s’égarent
L’orgie prend fin, mon cœur n’est que chagrin.

Ô quel moment d’extase, j’y reviendrai sois en sûr
Jamais je ne t’oublierai ma belle aventure
J’en garderai de tels souvenirs, Ô toi ma douce créature.


Faim.

Marqué Nathan . Crédits photo: L’amicale des Welsh.

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